A Rome, le musée d'art contemporain est en faillite. Une ancienne ministre de la culture peut-il le sauver ? Une ex-ministre de la culture peut-elle diriger un musée ? Cette question agite le landernau politique italien depuis que le ministre des biens et des activités culturels, Lorenzo Ornaghi, a nommé, début octobre, sa « prédécesseure », Giovanna Melandri, à la présidence du Musée national des arts du XXI siècle de Rome, le Maxxi. Dessiné par l'architecte star Zaha Hadid, inauguré en grande pompe en mai 2010, ce musée d'art contemporain a été déclaré en faillite deux ans plus tard et placé sous la tutelle provisoire de l'Etat. Les adversaires de cette nomination dénoncent un fait du prince. Le cadeau d'un ministre à une parlementaire. Députée du Parti démocrate (gauche) depuis 1994, Giovanna Melandri aurait attendu pour se démettre de son mandat la certitude d'être nommée au Maxxi. « C'est depuis toujours une mauvaise habitude italienne de réserver les postes de direction à d'anciennes personnalités politiques, presque toujours privées de compétences, qui constituent ainsi une véritable caste », écrit l'historien et éditorialiste renommé Ernesto Galli della Loggia, dans le Corriere della Sera. Les partisans de M.me Melandri mettent au contraire en avant ses compétences de technicienne attestées, selon eux, par son action comme ministre de la culture (1998-2001), puis de la jeunesse et des sports (2006-2008). C'est durant son passage à la culture que fut conçu et lancé le projet du Maxxi sur le site d'une ancienne caserne, dans le quartier Flaminio. Il serait donc « normal et naturel», selon eux, quelle en assure la présidence. Jean-Jacques Aillagon, ministre de la culture de Jacques Chirac, nommé ensuite patron du château de Versailles, est cité en exemple. L'Amaci, l'association des galeries d'art contemporain, et Zaha Hadid en personne ont pris la défense de Mme. Melandri qui, pour tenter de clore la polémique et écarter toute accusation de « pantouflage », a dû répéter que sa fonction n'était pas rétribuée. La Tate Modern d'Italie Une arrivée plus en douceur n'aurait pas été inutile pour le musée. Après l'engouement des premiers jours, pendant lesquels Rome s'est prise pour une nouvelle capitale de l'art contemporain, le Maxxi n'a pas prouvé son utilité ni trouvé son public. 450.000 visiteurs seulement parcourent chaque année les salles de ce vaisseau de béton et de verre, attirés par l'architecture audacieuse plus que par les expositions très pointues qu'il abrite. En ces temps de crise, les partenaires privés ne se sont pas bousculés au portillon pour lui venir en aide. Un an après son inauguration, il manquait déjà 11 millions d'euros pour assurer son fonctionnement. La t âche de la nouvelle présidente est de trouver des fonds. Et rapidement. Dans un contexte de budget de la culture toujours en baisse, l'Italie peine à maintenir l'attractivité de ses institutions culturelles (musées ou sites archéologiques). En 2010, le ministère de la culture avait cru dénicher une perle en confiant à Mario Resca, un ancien responsable de McDonald's, le soin de développer et de rentabiliser le système muséal italien qui ne compte aucun lieu d'exposition parmi les 10 musées les plus fréquentés du monde. L'opération s'est soldée par un échec. M" Melandri veut croire quelle sera plus chanceuse au Maxxi et quelle parviendra à en faire une référence dans un pays où l'art contemporain doit pour exister concurrencer l'énorme patrimoine antique et classique qui déplace l'écrasante majorité des visiteurs (le Colisée reçoit à lui seul près de 6 millions de visiteurs par an). «J'en ferai la Tate Modern d'Italie, fanfaronne-t-elle, citant en référence le célèbre musée d'art contemporain de Londres. Je donne rendez-vous à mes détracteurs dans trois ans. » Il n'est pas sûr quelle dispose d'autant de temps.
Un Maxxi cadeau à une ex-ministre
Here is a summary of the article in 200 words:
The Rome Museum of Contemporary Art, the Maxxi, is in financial trouble. The former Minister of Culture, Giovanna Melandri, has been appointed to its presidency by the current Minister of Cultural Assets and Activities, Lorenzo Ornaghi. Melandri's appointment has sparked controversy, with critics accusing her of being a "pantouflage" candidate, a former politician appointed to a non-political position. The Maxxi was declared bankrupt two years ago and has been under state tutelage. The museum's architecture, designed by Zaha Hadid, was inaugurated in 2010, but it has struggled to attract visitors. Only 450,000 people visit the museum each year, and it has been in financial trouble since its opening. Melandri has promised to find new funding sources, but critics argue that the museum's location and design make it difficult to compete with Italy's rich cultural heritage.
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