L'examen des crédits de la culture était à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale, le 2 novembre. Strasbourg (Bas-Rhin) et sa cathédrale, Lamballe (Côtes-d'Armor) et son église Saint-Martin, Vincennes (Val-de-Marne) et son château... De bien belles images du patrimoine français ont défilé dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale, mardi 2 novembre, lors de l'examen des crédits de la culture, dont le budget s'élève à 2,787 milliards d'euros en 2005, soit une hausse de 5,9 par rapport à 2004. Nombre de députés ont pris la parole pour attirer l'attention du gouvernement sur l'urgence de la restauration de certains monuments - en prenant comme exemple des lieux situés dans leur circonscription... Ce faisant, les parlementaires ne défendaient pas seulement leur clocher. La restauration des monuments historiques est l'une des questions les plus sensibles du budget de la culture : avec 218 millions d'euros de crédits de paiement pour 2005, le patrimoine est l'une des priorités affichées par le ministre de la culture et de la communication, Renaud Donnedieu de Vabres, avec le spectacle vivant, qui obtient la plus grosse enveloppe (753 millions d'euros). Quelle que soit leur étiquette politique, les élus ont exprimé leur inquiétude quant au montant réel des crédits relatifs à la restauration du patrimoine : comme l'a rappelé Christian Kert (UMP, Bouches-du-Rhône), 20 millions d'euros ont déjà été redéployés par le ministère, cet été, auxquels s'ajoutent "les impayés de 2004 à hauteur de 60 millions d'euros" : "Notre rapporteur - l'UMP Olivier Dassault - ne nous dit pas si ces 80 millions d'euros pourront être apurés dans le projet de loi de finances rectificative pour 2004", a ajouté M. Kert, en lançant cet avertissement : "Les pierres s'expriment moins que les intermittents du spectacle mais leur présence dans notre monde du XXIe siècle n'en est pas moins hautement symbolique." Si la droite s'est réjouie de la hausse du budget en 2005, le socialiste Patrick Bloche a jugé qu'il s'agit là d'un simple "rattrapage" : "Le montant des crédits de paiement pour 2005 sera exactement le même que celui de 2002", a-t-il souligné, en rappelant qu'en 2003 le gouvernement avait opéré un "hold-up" sur les crédits de paiement. "Les autorisations de programme baisseront en valeur absolue de 15 millions d'euros", a poursuivi le député de Paris, en concluant : "La seule hausse véritable est celle des dépenses ordinaires mais elle est bien plus faible qu'en 2004 : 2,6 au lieu de 4 ." Pour finir, M. Bloche a cité plusieurs "secteurs sinistrés", comme l'archéologie préventive ou encore l'éducation artistique à l'école. Sur ce dernier dossier, il a été rejoint par des parlementaires de tous bords - Pierre-Christophe Baguet (UDF) ou Muriel Marland-Militello (UMP).