Pour 3,2 millions d'euros, l'Etat italien pensait avoir fait une bonne affaire en acquérant, le 11 décembre 2008, une statue en bois d'un Christ en croix haute de 41,3 centimètres, datant de 1495 et attribuée à Michelangelo Buonarotti dit Michel-Ange (1475-1564). Qui dit moins? D'autant que le vendeur, un antiquaire de Turin (Piémont), en demandait 15 millions d'euros. Tout attestait le talent de MichelAnge, alors àgé de 20 ans : la légèreté de l'ensemble, l'articulation des genoux, les muscles des épaules, les fesses, l'inclinaison de la tète du Christ qui évoque inévitablement la Pietà de la basilique Saint-Pierre de Rome. Restaient bien un torse trop compact ou des Iambes trop longues. Mais, à ce prix-là, on n'allait pas chipoter. Fier d'avoir enrichi le patrimoine national italien au plus fort de la crise économique, le ministre de la culture, Sandro Bondi, décidait aussitot de montrer l'ouvre au pays avec une exposition itinérante de Palerme à Milan (elle est actuellement visible au Musée diocésain de Naples). Deux iours après l'acquisition du crucifix, Benoit XVI venait l'admirer à l'ambassade d'Italie auprès du Saint-Siège en lui attribuant ainsi une sorte de certificat d'authenticité qu'aucun document n'est venu attester. Un an plus tard, la belle histoire est peut-ètre en train de tourner court. Vendredi 11 décembre, les carabiniers mandatés par la Cour des comptes ont effectué une perquisition de cinq heures au ministère des biens et des activités culturels et ont fait main basse sur toute la documentation concernant l'acquisition du crucifix. Et les parquets de Turin et de Rome ont ouvert une enquète. Le crucifix est-il l'ouvre de MichelAnge comme le soutiennent quelques experts ou celle d'un estimable artisan de Florence comme le disent d'autres? Investissement risqué. Selon Antonio Paolucci, directeur des musées du Vatican, et Christina Acidini, directrice des musées de Florence, « ce crucifix est un enrichissement important du patrimoine italien ». Pour Francesco Caglioti, spécialiste en sculpture médiévale, « la qualité de l'ouvre n'a rien à voir avec Michel-Ange, mais elle est un exemple de plus de tant et tant de crucifix fabriqués en série par les artisans florentins de l'époque ». Quant à Margrit Lisner, qui a authentifié un autre Christ de Michel-Ange, celui-ci serait l'ouvre de Sansovino, un artiste de la Renaissance. L'antiquaire turinois, lui, a moins de préventions. Interrogé par le quotidien La Repubblica sur le fait de savoir si l'Etat n'aurait pas fait un investissement risqué, il répond: «Et sur quoi vaut-il la peine d'investir sinon surce qui peut ramener le plus de touristes possible en ltalie?».
L'Italia dell'arte divisa dal crocifisso di Michelangelo
Il s'agit d'une statue en bois de Christ en croix, datant de 1495, attribuée a Michelangelo Buonarotti. La statue, acquistata dall'Etat italien per 3,2 milioni di euro, è stata oggetto di controversia. La sua autenticità è stata messa in dubbio, con alcuni esperti che sostengono che sia opera di Michelangelo, mentre altri la attribuiscono a un artista florentino. La perquisizione del ministero dei beni e delle attività culturali ha portato alla scoperta di una documentazione mancante, che ha scatenato un'inchiesta. L'acquisto è stato considerato un investimento rischioso, e alcuni esperti hanno espresso dubbi sulla qualità della statua.
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