Complément (mis en ligne le 7 avril 2008) Pour répondre à cet éditorial, le Louvre s'est cru obligé d'élaborer en catastrophe un communiqué de presse que vous trouverez ici. Les arguments utilisés sont évidemment irrecevables. Reprenons les principaux points (les arguments du Louvre sont repris en gras, les citations entre guillemets reprennent le texte littéral). - Linea d'Ombra (la société organisatrice) a déjà organisé de nombreuses expositions, y compris avec la participation de musées français. Mais « Linea d'Ombra n'organise jamais ces expositions en Italie pour elle-même ; elle travaille toujours pour le compte de municipalités, comme Trévise, Turin ou Brescia. » Peut-être Linea d'Ombra travaille-t-elle avec Vérone. Il reste que le contrat est passé entre le Louvre et Linea d'Ombre. Nulle part la ville de Vérone n'intervient. Comment le Louvre peut-il alors affirmer que « l'exposition se situe dans un cadre sûr administrativement ». - « L'exposition du Musée du Louvre présentera environ 120 uvres : uvres : soixante à soixante-dix tableaux, vingt à trente sculptures et une cinquantaine de dessins divisés en deux sélections afin de respecter le principe de prêt de moins de trois mois tous les trois ans pour les uvres graphiques. » Dans son désir de se justifier (et de minimiser l'événement), le Louvre semble avoir quelques soucis avec les mathématiques. Car si l'on fait le compte des chiffres minimum et des chiffres maximums avancés, ce sont en réalité 130 à 150 objets qui seront présentés. Mais le nombre n'est qu'un élément dans cette affaire. Le problème est bien sûr qu'il ne s'agira que d'uvres majeures du musée. - « Le contenu de l'exposition se veut à la fois rigoureux et scientifique ». Son titre et la nature des uvres suffit à prouver l'inanité de cette affirmation. - « Elle est conçue dans l'esprit d'expositions et de recherches récentes concernant l'art du portrait et la représentation de la figure humaine, comme celles menées dans le cadre de l'exposition Portraits publics, portraits privés au Grand Palais à Paris et à la Royal Academy de Londres ou de l'exposition sur le portrait de la Renaissance prévue au Prado à Madrid et à la National Gallery de Londres en juin prochain. » Comparer Portraits publics, portraits privés, une exposition réalisée à partir d'uvres provenant de nombreux musées, sur un sujet précis et rarement traité, et qui n'était pas une location, avec celle-ci est une plaisanterie. Quant à l'exposition du Prado et de la National Gallery, une chose est certaine : il ne s'agit pas d'une location des uvres d'un grand musée. Il est possible par ailleurs que cette exposition manifestement organisée pour créer un événement soit elle-même discutable dans sa finalité. - « Le catalogue sera rédigé par les commissaires de l'exposition ; des essais seront rédigés par des universitaires italiens et français. Il s'agit d'un catalogue ambitieux, accompagné bien sûr de notices détaillées pour chacune des uvres exposées et de tout l'appareil critique nécessaire. » La liste des uvre vient à peine d'être déterminée. Aucune ligne du catalogue n'est encore écrite. Prétendre réaliser un catalogue ambitieux en à peine 5 mois n'est pas sérieux. S'agissant de chefs-d'uvre ultra-connus, les notices « détaillées » ne devraient cependant pas être trop difficiles à écrire. - « Cette exposition sera l'occasion pour le Musée du Louvre de présenter ses publications scientifiques récentes ; la présentation des catalogues raisonnés et sommaires de peintures italiennes du Louvre est par exemple prévue juste après la conférence de presse de l'inauguration de l'exposition en septembre 2008. » La pauvreté de cet argument n'échappera à personne. - « L'exposition, entièrement conçue par le Musée du Louvre, fera l'objet, comme il est d'usage pour les grands musées occidentaux, d'une contribution financière importante versée au Musée du Louvre, indispensable au développement de ses projets culturels et scientifiques. » Qu'en termes élégants ces choses là sont dites. Prétendre que verser 4 millions d'euros en échange d'une exposition est « d'usage pour les grands musées occidentaux » est évidemment une contre-vérité absolue. Les expositions payantes qui depuis une trentaine d'années se développent notamment avec l'Asie, toutes contestables qu'elles soient, n'ont pas grand-chose de comparable avec cette opération. En tout cas il ne s'agit aucunement d'un usage entre grands musées. Cela devient en revanche une habitude pour le Louvre. Didier Rykner (mis en ligne le 7 avril 2008) IN RISPOSTA A "LOUVRE - PRESTITI: Elle est belle ma Ferronnière, elle est belle !" DEL 2 APRILE