Le ministre de la culture, Renaud Donnedieu de Vabres, a confié au Monde que le projet de construction par la France d'un musée à Abou Dhabi, dans les Emirats arabes unis (projet révélé par Le Monde, le 8 septembre 2006), pourrait être signé avant l'élection présidentielle en France. Une agence française, où de grands musées français seraient représentés, sera chargée d'élaborer le concept d'un établissement de 24 000 m2, apte à séduire les visiteurs du Proche-Orient. La construction, gérée par les Emiratis, pourrait être confiée à l'architecte français Jean Nouvel. Toutes les civilisations seraient représentées dans cet établissement. L'agence devrait aussi former les responsables et les personnels, et définir les expositions temporaires. Le musée a l'ambition et les moyens d'acheter ses propres collections. Les personnes chargées des acquisitions ne feront pas partie de l'agence française et seront rattachées à Abou Dhabi. En attendant que ces achats puissent remplir l'établissement, les musées français, nationaux ou régionaux, seraient appelés, sur la base du volontariat, à prêter des oeuvres (200 à 300, dans tous les domaines) pour des périodes allant de deux mois à deux ans. Cette question inquiète une partie du monde de l'art. Un autre point sensible est le nom du futur établissement. Après de longues discussions et pas mal de réticences, le nom du Louvre, "synonyme d'universalité", selon le ministre de la culture, aurait été retenu pour la nouvelle institution arabe. Mais pour un temps seulement. La contrepartie financière demandée par Paris n'est pas encore arrêtée mais le chiffre tourne "raisonnablement" autour de 500 millions d'euros pour les diverses prestations apportées par la France. M. Donnedieu de Vabres assure que "l'intégralité de la somme sera reversée aux musées de France".