Les fonds que l'Etat affecte à la restauration du patrimoine seraient en diminution constante depuis 2002, et certains chantiers sont en panne. Derrière la belle façade des Journées du patrimoine, qui auront lieu les 16 et 17 septembre, se cache une réalité moins florissante: des monuments historiques sont en danger, faute de crédits. Tel est le message qu'ont souhaité délivrer les professionnels qui oeuvrent à la restauration du patrimoine, jeudi 7 septembre, le jour où le ministre de la culture et de la communication, Renaud Donnedieu de Vabres, organisait une conférence de presse pour lancer la 23' édition de ces journées, intitulées «Faisons vivre notre patrimoine». Casque blanc de chantier sur la tête, quelques artisans rassemblés devant le ministère sont venus troubler la fête. Les difficultés de la profession ne sont pas nouvelles, mais, à les entendre, la situation se dégraderait sérieusement. Un peu plus tôt dans la matinée, le Groupement des monuments historiques (GM), qui représente 180 entreprises et 9000 salariés environ, réunissait dans un café la presse pour dresser le tableau: des crédits en « diminution constante depuis 2002 », d'un montant de «248 millions d'euros en 2005, contre les 400 millions d'euros promis »; 300 chantiers arrêtés au premier semestre 2006, contre 240 en 2005; 700 licenciements en 2005, etc. «J'ai rencontré tout le monde les conseillers de l'Elysée, de Matignon, de la Rue de Valois... Tous s'accordent sur la nécessité d'un budget de 350 millions d'euros», explique ainsi le président du GM, Christophe Eschlimann. Le président du Collège des monuments historiques, Frédéric Didier, s'est joint au GM pour décrire une «situation catastrophique»: «Le ministère de la culture et de la communication est asphyxié par les engagements passés qui sont à peine couverts par les crédits de paiement [les sommes effectivement engagées]», a lâché l'architecte en chef des Monuments historiques, en soulignant que «20 du parc des monuments historiques est en péril». Une heure plus tard, Rue de Valois, M. Donnedieu de Vabres récusait tout «désengagement de l'Etat». «Au-delà de toute polémique, je maintiens que le niveau de consommation des crédits, seul indicateur significatif témoignant du chiffre d'affaires des entreprises et de la réalité des chantiers, est resté constant, autour d'une moyenne de 320 millions d'euros par an», a affirmé le ministre en avançant le chiffre de «313 millions d'euros en 2005». Mieux, a-t-il ajouté, «sur cette législature, la consommation de dépenses de l'Etat n'a jamais été aussi haute sur les monuments historiques». M. Donnedieu de Vabres a confirmé la restauration, «dès l'an prochain, du quadrilatère Richelieu, site historique de la Bibliothèque nationale» à Paris, et souligné qu' «en 2007, la priorité du ministère ira au patrimoine ». Une extension de la loi sur le mécénat de 2003 aux propriétaires privés de monuments historiques est également «à l'étude», a-t-il encore indiqué. L'an dernier, pour répondre au mécontentement, M. Donnedieu de Vabres avait annoncé que 100 millions d'euros, issus des recettes de privatisation des autoroutes, seraient consacrés au patrimoine selon le GM, seuls 30 millions auraient été réellement utilisés pour les monuments historiques. Jeudi, le ministre n'a rien sorti du chapeau mais, tout sourire, il a annoncé que « le premier ministre [Dominique de Villepin] recevra la semaine prochaine les organisations professionnelles du secteur pour leur faire des annonces financières novatrices et mis positives qui renforceront considérablement l'engagement de l'Etat ». Selon l'hebdomadaire Le Point, daté du 24 août, M. Donnedieu de Vabres aurait obtenu de Bercy qu'une partie des droits de mutation (70 millions d'euros) soit affectée à l'entretien du patrimoine. Une information que le ministre de la culture n'a pas souhaité confirmer lors de sa conférence de presse. M. de Villepin devrait, par ailleurs, «annoncer la relance d'un certain nombre de chantiers», a conclu M. Donnedieu de Vabres. Pour l'anecdote, le ravalement de certaines façades du... ministère de la culture et de la communication a dû être reporté, comme le confirme l'entourage du ministre. Parmi les chantiers en panne, on dénombre plusieurs cathédrales. Les 86 cathédrales de France relèvent de la propriété de l'Etat, lequel consacre 35 millions d'euros chaque année à leur entretien et à leur restauration. Ainsi, le chantier de la cathédrale de Vannes (Morbihan) n'a pas encore démarré. «On attend les crédits, car la cathédrale de Quimper a été jugée prioritaire», indique-t-on à la direction régionale des affaires culturelles (DRAC) de Bretagne. Idem pour la cathédrale de Nevers (Nièvre) : « Elle est restaurée à 95, mais il reste encore les vitraux de trois chapelles. Le chantier, qui devait repartir en mai, a été annulé du jour au lendemain », déplore Dominique Duchemin, maitre verrier installée à Paris. Dans un autre registre, le président de la région Centre, le socialiste Michel Sapin, indique que la Rue de Valois lui a demandé de participer à l'entretien de la cathédrale de Chartres, à partir de 2007: «On nous a dit, les cathédrales, ça nous coûte cher... ça nous a fait bondir»
Les Monuments historiques manquent de crédits
Here is a summary of the article in 200 words:
The French government's funding for cultural heritage restoration has been declining since 2002, and some projects are stalled. The Ministry of Culture and Communication is facing criticism from professionals in the field, who are concerned about the lack of funding. The Groupement des monuments historiques (GM), which represents 180 companies and 9,000 employees, has reported a decline in funding since 2002, from 248 million euros in 2005 to 400 million euros promised. The GM has also reported 300 stalled projects in the first half of 2006, compared to 240 in 2005, and 700 layoffs in 2005. The president of the GM, Christophe Eschlimann, has called for a budget of 350 million euros. The president of the Collège des monuments historiques, Frédéric Didier, has described the situation as "catastrophic.
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