e célèbre Palazzo Grassi à Venise, racheté et rénové en un an par François Pinault, a ouvert ses portes au public dimanche 30 avril avec une exposition d'art contemporain, la première jamais consacrée à la collection personnelle de l'homme d'affaires français. "Where are we going?"( Où allons-nous?) a été conçue par l'Américaine Alison Gingeras, 32 ans, pour dégager "les forces et l'originalité de la collection d'art contemporain de François Pinault, une des quatre ou cinq meilleures dans le monde", a-t-elle expliqué. L'exposition fait une large place à des mouvements tels que l'arte povera, le minimalisme, le post-minimalisme et le pop art. Près de 200 oeuvres, toiles, sculptures, objets, vidéos, photographies sont présentés sur 5000 m2 dans quelque 40 salles rénovées et décorées en cinq mois par l'architecte japonais Tadao Ando, dont l'action sobre et volontairement neutre est déjà saluée comme une réussite par la critique italienne. UNE "SECONDE VIE" POUR LE PALAZZO Le Palazzo, ancien centre d'exposition international de Gianni Agnelli, le fondateur et président de Fiat, a été acquis en 2005 pour 29 millions d'euros par Francois Pinault qui a voulu en un temps record redonner une nouvelle impulsion à ce palais historique construit au milieu du XVIIIe siècle au bord du Grand canal. Des oeuvres de Mark Rothko, Piero Manzoni, Donald Judd, Pierre Huyghe, Damien Hirst, Maurizio Cattelan, Bernard Frize, Urs Fisher et Rudolf Stingel se succèdent dans des salles où alternent l'obscurité nécessaire aux oeuvres vidéos et les couleurs claires mettant en valeur les toiles baignées par la lumière de Venise filtrant par les hautes fenêtres. Cette inauguration apparaît comme une consécration pour l'homme d'affaires breton aux origines modestes qui a invité à sa fête, la veille de l'inauguration, un parterre de stars et le gotha international de la politique et des affaires. Le propriétaire du groupe Pinault-Printemps-Redoute (PPR) projetait depuis longtemps de faire partager au public sa passion de collectionneur d'art contemporain. Il avait cependant créé la consternation en France en mai 2005 en annonçant son retrait d'un projet d'établir sa fondation sur l'île Seguin, siège des anciennes usines Renault à Boulogne-Billancourt. Il avait dénoncé "les incertitudes, les longueurs, les pesanteurs" administratives dans lesquelles s'était enlisé ce projet de 150 millions d'euros."