Les travaux visent à protéger le beau mur de scène de ce lieu classé. Quel effet ce « parapluie »aura-t-il sur l'acoustique? ORANGE. Une poutrelle de 60 mètres de long et de 90 tonnes d'acier s'est élevée, dans la matinée du mercredi 19 avril, au-dessus du Théâtre antique d'Orange, un lieu classé au Patrimoine mondial par l'Unesco, visité par 168 000 personnes en 2005 et qui abrite en juillet le festival lyrique des Chorégies. Une foule de badauds médusés, massés sur le parvis, a assisté à l'installation effectuée par deux grues. La structure supportera un toit de verre de 200 tonnes, qui sera installé dans les mois qui viennent, et qui a pour fonction de protéger de l'érosion le mur de scène et la scène elle-même. Une quarantaine de personnes vont travailler sur l'immense échafaudage qui masque les riches décors sculptés. Didier Reppelin, l'architecte en chef des Monuments historiques, comme ses prédécesseurs, rêvait de ce toit depuis des décennies afin de freiner la dégradation. Réalisé par le bureau d'étude AREP, cet ouvrage hors normes est un élément qui respecte le patrimoine. La poutrelle a été fabriquée par la société Eiffel, à qui on doit le viaduc de Millau. Hissée au-dessus du mur de scène, elle est provisoirement ancrée sur les murs latéraux des parascénias, les tours qui encadrent la scène du Théâtre antique. Dans les prochains jours, les scellements définitifs seront réalisés dans les murs du XIX siècle - les pierres romaines seront épargnées. Pour masquer la structure, un rideau de maillage d'acier inoxydable sera tendu en dessous, qui permettra le passage de la lumière du soleil et supportera surtout le dispositif d'éclairage des spectacles. Entre les deux, une membrane acoustique piégera les fréquences de 3 000 hertz, inaudibles pour l'oreille humaine. C'est le cabinet allemand Muller qui a planché sur la délicate question de l'acoustique réputée idéale du théâtre, jusqu'ici à ciel ouvert. Certains redoutent que ce « parapluie », au-delà de son aspect esthétique, ait des effets négatifs pour l'acoustique, et donc pour le festival d'art lyrique. Didier Reppelin répond qu'il n'en sera rien. Selon lui, la voix humaine monte à 15 mètres, le chant à 27 mètres, alors que le toit surplombe la scène de 32 mètres. Réponse le 26 juin pour la première répétition d'Aïda, spectacle qui ouvrira le 8 juillet les Chorégies. Le coût de l'opération est de 742 400 euros: 50 pour l'Etat 20 pour la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, 25 pour le département du Vaucluse et 5 pour la ville d'Orange.