Bras armé des préfets en matière de qualité de l'architecture et de respect du patrimoine, interlocuteurs des maires comme des particuliers, les services départementaux d'architecture et du patrimoine (SDAP) dénoncent une réforme qui vise à les faire passer de la tutelle des préfectures à celle des directions régionales des affaires culturelles (DRAC), dans le giron du ministère de la culture. Une réunion a eu lieu, mercredi 5 avril, entre des représentants des SDAP et du ministère pour négocier des amendements au projet de décret. D'autres rendez-vous sont prévus dans les semaines qui viennent. La réforme en cours répond aux exigences de la loi organique relative aux lois de finance (LOLF) et à la volonté du gouvernement de réorganiser et regrouper les services déconcentrés de l'Etat par mesure d'efficacité et d'économie. "Nous espérons favoriser une culture administrative et budgétaire commune et accroître le nombre de dossiers traités au niveau départemental, en faisant des SDAP de véritables guichets d'accueil", indique-t-on au cabinet du ministre de la culture. Selon les SDAP, leur fusion avec les DRAC risque au contraire d'affecter la qualité de leur travail en les éloignant du terrain et des usagers. "Le rattachement à un ministère va nous priver de nos missions interministérielles, et les directeurs régionaux des affaires culturelles, qui auront la mainmise sur nos moyens, s'intéressent avant tout aux arts et au spectacle vivant", estime Olivier Godet, chef du SDAP du Val-de-Marne. Les SDAP craignent que leur future tutelle ne réduise leur budget et ne les conduise à se recentrer sur le patrimoine au détriment de leurs missions de conseil à la construction et de promotion de l'architecture. L'inquiétude n'est pas exempte de corporatisme. La plupart des chefs de SDAP sont des architectes des bâtiments de France (ABF) relativement autonomes, qui craignent d'être soumis demain au contrôle serré du DRAC ou à l'autorité d'un chef de service régional issu d'un autre corps.