Grandes manoeuvres à l'Institut national de l'histoire de l'art (INHA), officiellement installé à Paris depuis février 2005, dans la galerie Colbert, rue Vivienne : il s'agit de remplacer son directeur Alain Schnapp, l'archéologue-helléniste en place depuis cinq ans. Une vacance de poste a donc été publiée dans le Journal officiel du 12 septembre. Six candidats se sont manifestés : Eric de Chassey, de l'université de Tours, historien du XXe siècle, spécialiste de Matisse ; Thierry Dufresne, de l'université de Paris-X, également "vingtiémiste", mais versant sculpture ; Barthélémy Jobert, de Paris-IV, spécialiste de Delacroix ; le médiéviste Eberhard König ; l'archéologue François Queyrel de l'Ecole pratique des hautes études et Philippe Bordes, de Lyon-II, spécialiste de David. Les ministres de tutelle de l'INHA, Renaud Donnedieu de Vabres à la culture et François Goulard à l'enseignement supérieur et la recherche, doivent trancher. Mais l'Elysée a aussi son mot à dire, puisque le directeur est désigné à l'issue d'un conseil des ministres. Or il semble que la présidence de la République ait un "joker" en la personne de Jean Gautier, énarque, conseiller référendaire à la Cour des comptes, ancien directeur des affaires culturelles de la Ville de Paris. L'éventualité de parachuter un administratif à la tête de cette jeune institution qui commence tout juste à dépasser ses clivages traditionnels, provoque un émoi considérable à l'INHA. En effet, ce dernier fait cohabiter des universitaires issus d'entités qui ont gardé leur autonomie et des conservateurs de musées, deux "corporations" longtemps antagonistes. "L'équipe sortante a montré que des scientifiques étaient capables de gérer une maison comme l'INHA", indique Laurence Bertrand-Dorléac, professeur à l'Institut universitaire de France. Elle note que "la jeune génération d'historiens et de conservateurs est en train de perdre ses réflexes traditionnels de concurrence périmée et ses fantasmes d'assiégés". Elle souligne enfin que "partout dans le monde, les instituts de ce type sont dirigés par des spécialistes d'histoire de l'art. Ce n'est pas en imposant un administratif à la tête de l'INHA qu'on le dynamisera alors qu'il est en concurrence avec les grandes institutions étrangères, notamment américaines et britanniques, qui attirent de plus en plus les jeunes chercheurs français".
Polémique à l'Institut national de l'histoire de l'art
Grandes manoeuvres à l'Institut national de l'histoire de l'art (INHA), officiellement installé à Paris depuis février 2005, dans la galerie Colbert, rue Vivienne. Le directeur Alain Schnapp, l'archéologue-helléniste en place depuis cinq ans, quitte son poste. Une vacance de poste a été publiée dans le Journal officiel du 12 septembre. Six candidats se sont manifestés. Les ministres de tutelle de l'INHA, Renaud Donnedieu de Vabres et François Goulard, doivent trancher. Le directeur est désigné à l'issue d'un conseil des ministres. L'éventualité de parachuter un administratif à la tête de l'INHA provoque un émoi considérable.
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