En réponse aux attaques du gouvernement Berlusconi, le nouveau surintendant de la Scala, Stéphane Lissner, est sorti de son silence vendredi et est résolument monté au créneau. Nommé au printemps à la tête du prestigieux théâtre milanais après le tumultueux divorce entre le personnel et le maestro Riccardo Muti , le directeur français, lors d'une conférence de presse, s'est employé à défendre la Scala qui, dans un contexte de réductions drastiques des subventions, avait été directement prise pour cible par Berlusconi : «La Scala emploie 1 000 personnes alors qu'il en suffirait de 400. Ils ont tous des rémunérations d'artistes», avait lancé le mois dernier le patron de Forza Italia lors d'un meeting. Et d'exiger un rapport sur la Scala à son ministre des Biens culturels, Rocco Buttiglione. Déjà mobilisé contre le projet de loi de finances pour 2006 qui prévoyait dans sa première mouture une baisse d'environ 40 du Fonds unique du spectacle , le personnel de la Scala a vivement réagi à cette attaque qui suit de quelques semaines le départ de Fedele Confalonieri du conseil d'administration. Patron de Mediaset et plus proche ami de Silvio Berlusconi, celui-ci avait claqué la porte de l'institution milanaise pour protester contre l'éviction de Muti. A la Scala, on flaire un parfum de rétorsion : «C'est la première fois que j'entends un président du Conseil attaquer publiquement une entreprise italienne», note le violoniste et directeur artistique de l'orchestre philharmonique de la Scala, Ernesto Schiavi. Depuis, le personnel se mobilise. Comme dans tous les théâtres lyriques de la péninsule, un syndicaliste observe une grève de la faim contre les restrictions et chaque représentation débute par la lecture d'un communiqué revendicatif. Ce samedi, l'orchestre de la Scala offrira un concert gratuit aux Milanais pour contester les choix budgétaires du cabinet Berlusconi. Pour l'heure, la cure d'austérité réservée à la Scala n'a pas été quantifiée par le gouvernement. Mais Stéphane Lissner a tenu à prendre les devants : «La Scala n'a pas de dettes. Il est faux de dire que la situation est grave. Pour un budget de 115 millions d'euros en 2005, le déficit atteindra à peine 1 à 1,5 million. En 2004, la Scala a reçu 44 millions de subventions publiques, soit 48,4 de son budget, contre 94 millions (60,9 ) pour l'Opéra de Paris», a-t-il souligné, rappelant que la Scala emploie 745 personnes contre 1 584 pour les opéras parisiens. «J'entends dire qu'on ne travaille pas à la Scala, a ajouté Lissner, irrité et répliquant : depuis mon arrivée, le 2 mai, le rideau s'est levé plus de cent fois.»
Menaces de restrictions sur l'opéra italien. Le directeur de la Scala réplique à Berlusconi
La Scala, un théâtre lyrique de Milan, a été attaqué par le gouvernement Berlusconi. Le nouveau surintendant, Stéphane Lissner, a défendu la Scala en répondant aux attaques du gouvernement. Il a souligné que la Scala n'a pas de dettes et que le déficit est faible. Il a également rappelé que la Scala emploie moins de personnes que les opéras parisiens. Le personnel de la Scala a réagi violemment à l'attaque, avec des manifestations et des grèves. Le gouvernement a menacé de réduire les subventions à la Scala. Stéphane Lissner a promis de défendre la Scala et a annoncé un concert gratuit pour contester les choix budgétaires du gouvernement.
Artista / Persona
Bene culturale
Luogo