SALON Onzième édition d'une manifestation qui séduit de plus en plus de visiteurs, le Salon du patrimoine met cette année à l'honneur, à partir d'aujourd'hui et jusqu'au 6 novembre, tous les métiers qui gravitent autour de la musique. Artisans d'art, comme ces deux fidèles de la première heure, le pendulier tourangeau Gilles Clément et le créateur strasbourgeois de poêles bavarois en faïence M. Spatara, ou encore comme Pierre Chevalier, le restaurateur de tapisseries, initiateur et président de cette manifestation, institutionnels comme les chambres des métiers de quelques régions Lorraine, Bourgogne, Ile-de-France, Limousin comme le ministère de la Culture et les grandes associations de défense du patrimoine, auxquels s'ajoutent chaque année les spécialistes d'un thème, au total 250 exposants venus de la France entière s'installent, du 3 au 6 novembre, au Carrousel du Louvre pour le 9e Salon du patrimoine. Pièces rares et réalisations récentes Après les jardins, l'art sacré, l'architecture militaire, les lieux de spectacle, le patrimoine rural et tant d'autres thèmes, les organisateurs ont choisi de s'intéresser cette année à la musique. Non pas en tant que telle mais à travers son «patrimoine bâti, matériel et immatériel, les sites et les métiers du patrimoine liés à la musique», déclare le communiqué de l'entreprise Sécession, organisatrice du salon. Idée originale qui va permettre au public de découvrir non seulement des pièces rares, comme le pianoforte portatif de Mozart, mais des réalisations récentes comme la restauration inédite de la salle Garnier de l'Opéra de Monte-Carlo, et les projets de remise en état du grand Opéra royal de Versailles. Dix années d'existence «Depuis sa création il y a dix ans, explique Jessie Westenholz, commissaire général du Salon, on assiste à un investissement croissant des régions et des réseaux patrimoniaux qui subventionnent leurs artisans et maîtres d'art pour leur permettre de venir se produire pendant quatre jours à Paris. Ainsi, pour la première fois, nous aurons cette année l'Association des villes d'art et d'histoire, qui réunit environ 80 partenaires et qui a choisi de présenter trois villes baroques, Saintes, Bordeaux et Nancy, ainsi que Lille, nouvelle venue au club.» Dix ans d'existence, cela permet déjà d'écrire un livre d'or des grands moments du salon. Les organisateurs se souviennent avec fierté du Disquaire des anges, boutique spécialisée ouverte dans le cadre du salon en 1998, pour l'année de l'art sacré, de la visite des petits métiers de la Comédie-Française costumiers, perruquiers en 2003, liée au thème «Arts et lieux du spectacle», de la sensation produite par les membres d'une association portant l'uniforme de la Grande Armée napoléonienne en 2000, année du patrimoine militaire. Cette année, c'est le Centre de musique baroque de Versailles (CMBV) qui fera sensation, en évoquant ses différents succès (Grandes Eaux musicales) et surtout en présentant le projet de restauration de l'Opéra royal. Parmi les nombreux débats et conférences, le thème de l'opportunité et des modalités de cette restauration à l'identique ou fonctionnelle ? sera évoqué le jeudi 3, de 16 heures à 17 heures, à la salle Delorme. Intervenants : Hervé Burckel de Tell, directeur du CMBV, Per-Erik Ôhrn, directeur artistique du Festival de Drottingholm (Suède), qui a réalisé cette opération dans son pays. Le même jour, de 11 heures à midi, l'inspecteur général des Monuments historiques, Alain-Charles Perrault, à qui l'on doit déjà la restauration de l'Opéra Garnier à Paris, présentera son dernier-né, la salle Garnier de l'Opéra de Monte-Carlo restaurée, qui rouvrira le 19 novembre. Restent les curiosités à voir à tout prix : un clavecin lyonnais signé Christian Kroll de 1770, sur le stand du facteur et restaurateur Reinhardt von Nagel, maître d'art ; l'exposition, chez José Vazquez, des instruments les plus exceptionnels de sa collection de violes de gambe, violons et violoncelles des XVIe et XVIIe siècles, dont il souhaite, du reste, faire un musée ; un petit virginal, clavier miniature contenu dans une bible, présenté chez Rosine Charles, restauratrice et factrice de guitares. Enfin, sur le stand du ministère de la Culture, le pianoforte de voyage ayant vraisemblablement appartenu à Mozart et retrouvé, par miracle, chez un maître d'art luthier autrichien, Johannes Carda, installé en Normandie. En merisier et ronce de noyer, il se limite à quatre octaves et ne pèse que 13 kilos. Débats, conférences, moments musicaux se succéderont durant ces quatre jours, enrichis pour la première fois d'une «librairie du patrimoine» qui permettra aux plus mordus de tout savoir sur un domaine rarement exposé dans ses aspects les plus intimes. n Du 3 au 6 novembre au Carrousel du Louvre. www.patrimoineculturel.com ou tél. :01.49.53.27.00. Prix d'entrée : 11 ; 5 pour les étudiants et les groupes ; gratuit pour les moins de 12 ans.