Venise. Dans le marathon des amateurs d'art contemporain, la Biennale de Venise est un arrêt obligé. Impossible de ne pas y aller. Il faut y être vu. Il faut avoir vu. Les affaires commencent par les mondanités, A la sempiternelle question : "Comment avez-vous trouvé Venise ? », il faut savoir quoi répondre à ses « amis » collectionneurs qui fêtent le point culminant d'une semaine éprouvante et étourdissante à la Foire de Bâle. Chacun y va de son avis. Doucereux pour conforter les choix plus lisibles mais sans audace de cette 51' Biennale, comme celui du Bruxellois Charly Herscovici, président de la Fondation René-Magritte, "rassuré par ce retour à la peinture et aux valeurs saines de l'art d'aujourd'hui ». Cinglants, comme celui de la Parisienne de Los Angeles, Patricia Marshall, conseillère de Bernard Arnault, qui juge l'événement « dénué de tout ce qui peut choquer les bourgeois, avec très peu de découvertes de Jeunes artistes». Une critique partagée dès mardi, dans les allées de la 36e Foire de Bâle, par les initiés contents « de voir enfin ici les vrais poids lourds de l'art ». Tous ou presque s'étaient consolés à Venise avec les « happenings parallèles tellement plus inventtfs » d'Oliafur Eliasson sur l'isola di San Lazzaro ou de Pipiloti Rist à l'église San Stae, sur le canal, après le Rialto. Sa vidéo kaléidoscope projetée au plafond, voyage subliminal à travers la nature et le corps humain, fut un moment de calme et d'émotion pour les amateurs allongés sur des matelas. Un repos bienvenu après le programme surchargé de visites, vernissages et dîners organisés dans la cité des Doges. Par les collectionneurs discrets de la ville, Marino et Paola Golinelli, accueillant pendant trois jours, pour un brunch, en leur Palazzo Barzizza, leurs invités guidés par un robot homme-femme d'Albano Guatti mû par un moteur et une caméra leur demandant: «Do you want Champagne ? » Ou par les plus « show off » venus d'outre-Atlantique, comme le multimilliardaire Paul Allen, conseiller de Bill Gates pour Microsoft, ayant planté son Octopus devant la place Saint-Marc. Face à la fureur des Vénitiens, il dut déplacer son monumental yacht comprenant hélicoptère, bateaux et sous-marin, un peu plus loin dans la lagune pour recevoir, vendredi dernier, un petit groupe d'amis et leur jouer du piano. Il y avait les fêtes où l'on pouvait s'échanger les cartons et celles où il fallait être sur la liste très privée des invités. Les galeries White Cube et Thaddaeus Ropac ouvraient le feu le 8 juin au Palazzo Razonico avec le dîner Gilbert George, couple vedette du pavillon anglais dont la pièce majeure a été achetée par la Tate Modern tandis que le marchand Bill Acquavella consacrait Lucian Freud, dont la sublime rétrospective attire les foules au Musée Correr. Le lendemain, Bernard Arnault donnait un cocktail au Palazzo Ducale suivi d'un dîner intime au Palazzo Brandolini, tandis que le marchand vedette de Manhattan, Larry Gagosian, célébrait l'artiste californien Ed Ruscha, très apprécié au pavillon américain pour son « avant-après » de cinq paysages industriels désertiques allant du noir et blanc à la couleur. Le surlendemain, Pierre Cardin recevait en son palais Bragadin dont «Casanova s'échappa par une porte dérobée donnant sur le canal ». Tom Kreus pour le Guggenheim donnait un cocktail au milieu des Pollock (nouvelle exposition) et dîner sur la terrasse. Le groupe Artcurial faisait une party autour de Marco Nereo Rotelli, artiste travaillant la lumière, chez Goia Sardagna Ferrari, dans son Palazzo Nani Bernardo Ludeschi, point d'observation imprenable sur le Palazzo Grassi, où François Pinault était venu discrètement la veille. Le « Venitian héritage » recevait ses donateurs dans le féerique palais décoré à la Hollywood par Tony Duquette et Hutto Willkinson. Et le MoMa recevait ses convives à l'hôtel Cipriani. C'est à la terrasse autour de la piscine de cet antre du luxe qu'il fallait être pour observer le bal des collectionneurs et marchands accrochés à leur portable pour vendre et acheter des tableaux. Pour séduire par des déjeuners princiers des amateurs aussi importants que Peter Brandt qui a acheté pour 600 000 deux dessins de Mike Kelly sur le stand de Regen Project à Bâle. Pour distribuer des invitations pour des dédicaces à Bâle comme Diana Widmaier Picasso, applaudie pour son nouveau livre, Pablo Picasso? art can only be erotic. Ou encore pour rencontrer l'excentrique Martin Parr, short et chemise à carreaux, photographiant ses dames sur leur transat. Tout ce petit monde s'est envolé samedi en jet privé affrété par la galerie Hauser Wirth pour voir l'exposition de Paul McCArthy « Lala Land Parody Paradise », et applaudir sa performance délirante. D'autres ont atterri à Turin pour fêter les dix ans de la Fondation Sandretto Re Rebaudengo, riche en stars des enchères (Catellan, Barbara Kruger, Douglas Gordon, Matthew Barney...). Avant de visiter la collection du marchand Pierre Huber à Lausanne. « Business is Business"
Venise entre mondanités et business
Here is a summary of the text in 200 words:
Venice hosted the 51st Biennale, a major event in the contemporary art world. The event was attended by many art collectors, dealers, and artists. The Biennale featured various exhibitions, including those by artists such as Gilbert George, Lucian Freud, and Ed Ruscha. The event also included happenings, such as a video installation by Olafur Eliasson and a performance by Paul McCarthy. The Biennale was attended by many high-profile guests, including Bernard Arnault, Larry Gagosian, and Pierre Cardin. The event was also marked by various parties and gatherings, including a brunch hosted by the Golinelli family and a dinner party at the Palazzo Ducale.
The Biennale was also a platform for art dealers to showcase their clients' collections and for collectors to acquire new works.
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