Naples s'offre un brillant coup de cymbales inaugural de son centro d'art contemporain. A la direction artistique, l'emblématique Lorand Egyi, directeur du Musée d'art moderne de Saint-Etienne, a composé une exposition d'ouverture très inspirée, « The giving person. Il dono dell'artista ». Elle lance le tempo ambitieux du Palazzo delle Arti Napoli (FAN). Dans son princier palais Roccella de 6000 mq entièrement rénové sur la luxueuse Via dei Mille, un écrin historique du XVII siècle rouge pompéien et gris vésuvien doublé, a l'intérieur, d'un aménagement design blanc et noir, la nouvelle institution veut accueillir des manifestations de prestige international. Et, par les activités de son centre, accélérer le rythme de l'engouement pour la création contemporaine de l'ancienne cité soulevée par une dynamique culturelle. Quatre-vingt-trois oeuvres de trente-neuf artistes parmi les plus fameux du moment, d'Alberola à Weinberger en passant par Badiola, Cabrita Reis, Dessi, Friedmann, Garouste, Kentridge, Opalka, Oppenheim, Pei Ming ou Sarkis, investissent jusqu'au 10 aoùt l'espace dédié aux expositions temporaires sur la thématique chère à Lorand Hegyi, une conception anthropologique de l'art, que résume le titre. « The giving person » sont les mots des Anglais Gilbert George pour exprimer le rôle de l'artiste qui offre avec generosité sa vision et sa réflexion au public. Le duo britannique le démontre dans la grande salle d'apparat par trois oeuvres de 1997, Spunk Money. Our Spunk et Spit Naked, dans lesquelles ils se révèlent nus, à l'abandon. Tandis qu'en face Jan Favre éparpille au sol les morceaux d'une armure, c'est-à-dire les débris de ce qui enveloppait le corps après la bataille, comme un tank détruit. Il Dono dell'artista est le titre d'une pièce célèbre de l'italien Michelangelo Pistoletto, qui montre que « le don est l'essence même de la participation, du partage et de la solidarité », rappelle Lorand Hegyi. L'italien expose ici le classique Il Dono di Mercurio allo specchio (1971). Une paraphrase du mythe de Marcisse, nous offrant un miroir de mercure pour nous révéler ce que nous ne voyons pas en nous-même. Parmi les autres, le Russo-Américain Ilya Kabakov presente une salle à manger avec deux tables illustrant comment la misère de la vie quotidienne en Russie peut prendre un aspect mélancolique et romantique. Une métaphore à la fois de l'expérience humaine sous le régime soviétique et de la condition humaine au sens universel. Quant au jeune Americain Matthew McCaslin, il redéfinit le rôle de la technologie en présentant Sleepingwalking on 27th Floor Revisited (2004-2005), synthèse des inventions de la société postindustrielle et de l'éternelle poétique éprouvée par tout individu. Sa façon de conférer aux technologies modernes, ordinateurs, vidéos, effets sonores, une nouvelle harmonie humanisant ces produits aussi froids qu'aliénants et de les transformer en une alternative positive. De son côté, Hermann Nitsch s'acharne a découvrir le secret de la vie dans sa delirante installation de tables de dissection couvertes d'éléments vivants, organes sanguinolents d'animaux et exsudations végétales ; spectacle orgiaque entre sacrifìce et rédemption pour mieux faire accéder à une sensibilité du réel. Pas loin, Maurizio Nanucci écrit au néon bleu et rouge sa méditation conceptuelle New Times far Other Ideas - New Ideas far Other Time (2005) dont les couleurs lumineuses superposées produisent un violet des plus spirituels. Et, tout près, Luigi Ontani occupe un espace de sa méditation orientalisante peuplée de sphinges avec ses céramiques réinterprétant le manierismo; l'une d'elle, savoureuse statue janusienne, presente une face de Nietzsche proclamant « Dieu est mort » et l'autre, l'oeuvre de Picasso. Et puis, au fond, côté jardin, un havre de sérénité proposé par le Giotto's Wall. The History of Enclosed Space » (1980-2005) de Richard Nonas, vaste cercle de pietre de lave évoquant dans son dépouillemenl rigoureux l'aspiration humaine au geste artistique salvateur. Tous illustrent, souligne le directeur artistique, « la réflexion de l'artiste sur la réalité de notre environnement. Sa capacité a réveiller notre conscience, en nous aidant à entrer dans leur processus intellectuel, émotionnel et psychologique qui nous fait accèder à leur vision du monde ». Il en sera ainsi de la création régulièrement proposée au FAN par des artistes invités à faire partager leurs recherches esthétiques, celles qui témoignent de l'histoire personnelle et de la narration individuelle en lesquelles le visiteur peut se reconnâitre.
Naples, ville ouverte à l'art contemporain
Here is a summary of the article in 200 words:
The Palazzo delle Arti Napoli (FAN) has opened its doors with a grand inaugural exhibition, "The Giving Person". The exhibition, curated by Lorand Egyi, features 93 works by 39 artists, including Alberola, Weinberger, Badiola, Cabrita Reis, Dessi, Friedmann, Garouste, Kentridge, Opalka, Oppenheim, Pei Ming, and Sarkis. The exhibition explores the theme of the artist as a giver, with works that reflect on the role of art in society. The exhibition includes works by Gilbert and George, who explore the theme of generosity and selflessness through their use of nudity and performance art. The exhibition also features works by Michelangelo Pistoletto, including his famous piece "Il Dono di Mercurio allo specchio", which explores the idea of the artist as a giver.
Artista / Persona
Bene culturale
Luogo