Patrimoine - Paris - A l'occasion de travaux sur une boutique vendant des cosmétiques, au coin de la rue du Temple et de la rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie (ill. 1) dans le secteur sauvegardé du Marais, à Paris, ont été mis au jour des éléments architecturés bien conservés (ill. 2), composés de plusieurs pilastres soutenant une console sculptée (ill. 3), d'une remarquable facture, datant probablement du début du XVIIe siècle. A en croire Jacques Hillairet, l'immeuble daterait de 1610. Même si l'on sait qu'il faut prendre ses affirmations avec précaution, cette datation apparaît vraisemblable si l'on regarde l'ensemble de l'édifice. A partir du premier étage, celui-ci, et en particulier l'angle, est plutôt bien conservé. On voit sur ces photos combien cette découverte permettrait de rendre à cet immeuble somme toute modeste (et qui n'est d'ailleurs pas protégé au titre des monuments historiques) un intérêt historique et architectural indéniable. Mais voilà : si l'on en croit des informations recueillies par la personne qui nous a signalé cela auprès des ouvriers travaillant sur le chantier, tout sera recouvert sous des planches dès demain, lundi 6 mai ! Nous n'avons pas réussi, en raison du week-end, à joindre le propriétaire ni les services du ministère de la Culture concernés, notamment l'architecte des bâtiments de France, ce que nous ferons dès lundi matin. Car la règlementation du secteur sauvegardé du Marais, que l'on peut lire ici, indique clairement (article 2-1) que : « Si, à l'occasion de fouilles ou de travaux de toute nature, des vestiges anciens sont découverts, déclaration doit en être faite immédiatement à l'architecte des bâtiments de France [...] ». Le rôle de l'ABF est ensuite, notamment, « d'apprécier ce qui ne peut être codifié en termes réglementaires, notamment en ce qui concerne l'aspect architectural, les découvertes fortuites ou les aménagements intérieurs ». Dans le cas qui nous occupe, on comprendrait difficilement que l'architecte n'interdise pas que l'on recouvre ces vestiges bien conservés et faisant partie intégrante du bâtiment. D'autant que cela n'implique aucune contrainte réelle au magasin qui bénéficierait au contraire d'une plus belle façade qu'auparavant. Il suffit de regarder le coin du carrefour qui lui fait face où l'immeuble a conservé son architecture d'angle (ill. 4) avec un écoinçon en hauteur composé d'une nuée d'angelots sculptés (ill. 5), tout en permettant à un magasin de déployer ses vitrines. Si l'ABF a bien donné son autorisation pour les travaux (celle-ci est affichée sur la façade), nous ignorons si le propriétaire a déclaré cette découverte comme il est obligé de le faire. Dans l'affirmative, nous ne savons pas si l'ABF a donné son accord pour recouvrir les vestiges (ce qui serait absolument incompréhensible). Une seule solution doit être privilégiée : leur restauration et leur mise en valeur. Didier Rykner, dimanche 5 mai 2013
Des éléments d'architecture redécouverts mais menacés dans le Marais
A building in the Marais district of Paris was being renovated when workers discovered well-preserved architectural elements, including several pillars supporting a sculpted console, dating back to the early 17th century. The building is believed to date back to 1610, according to historian Jacques Hillairet. The discovery could give the modest building, which is not protected as a historic monument, significant historical and architectural value. However, the building's owner plans to cover the discovery with boards on Monday, May 6. The building's owner must declare the discovery to the architect of buildings, who will then assess the architectural value of the discovery. The architect's decision is likely to allow the owner to cover the discovery, which would be incomprehensible. The building's owner should instead restore and showcase the discovery.
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